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Chapitre 1

Le rêve : 1929

Le projet de Joseph-Armand Bombardier
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On perçoit le garage au milieu des arbres dénudés par le froid de l'hiver, avec la neige qui tombe à très gros flocons.

En 1926, aidé par son père et sa famille, Joseph-Armand Bombardier a ouvert son garage. Il est vite devenu le meilleur mécanicien de la région et les clients viennent de partout.

Mais une idée lui trotte dans la tête…

Joseph-Armand Bombardier regarde la neige tomber par la fenêtre, pensif, la main sous le coude, tel Le Penseur de Rodin.

Vaincre l'hiver. Passer à travers.

Voler sur la neige? Glisser? Flotter?

Joseph-Armand Bombardier travaille à son bureau, un crayon à la main, cahier ouvert devant lui, l'air fatigué. Un homme en chemise carreautée entre par la porte (c'est Léopold, son frère). La pendule indique qu'il est presque 19h.

Armand, arrête de rêver!

Va falloir qu’on trouve du travail pour l’hiver...

Léopold se penche vers Joseph-Armand, qui tient entre les mains une feuille de papier. Il l'écoute, l'air concentré, une main dans la poche.

Léopold tu te rappelles, l'engin à hélice que j'avais fait? On va fabriquer un véhicule qui pourra traverser l'hiver.

Les deux hommes regardent ensemble la feuille, Joseph-Armand parle, l'air enthousiaste. Léopold sourit légèrement, l'air dubitatif, presque moqueur, mais attentif.

Puis celui-là, personne va m'interdire de le faire voler sur la neige...

On comprend que cette illustration revient sur un moment du passé. Au milieu, il y a 2 traineaux, rejoints par une barre sur laquelle est fixé un moteur de Ford T avec à l'arrière de l'engin, une hélice rouge. Deux jeunes personnes, emmitouflées dans des manteaux d'hiver, ont l'air surprises. À gauche de l'illustration, un homme aux cheveux gris a l'air fâché, les sourcils froncés, la main gauche montrant l'engin avec l'index. On comprend que c'est le père de Joseph-Armand et de Léopold.

En 1922, Joseph-Armand a 15 ans. Il monte un moteur Ford T avec une hélice sur des patins de traîneau et l’essaye avec son frère Léopold…

Son père ordonne tout de suite de démonter l’engin « infernal ».

Joseph-Armand Bombardier travaille, un genou à terre. À l'arrière-plan, on voit Léopold, dos voûté et clef à pipe dans la main gauche, qui semble exécuter les demandes de son frère.

Passe-moi la clé de 8.

Non, la 7.

Deux hommes, emmitouflés dans de longs manteaux d'hiver, entrent dans le garage où les deux frères travaillent. La neige tombe toujours en gros flocons dehors.

Quelle tempête!

J'ai bien cru qu'on se rendrait jamais...

D'un air directif, index pointé vers les deux hommes qui viennent d'entrer, Joseph-Armand explique son plan, toujours accompagné de son frère.

Venez m'aider à sortir le moteur.

Les quatre hommes travaillent dans le garage, ça semble sentir le cambouis et la mécanique. Ils semblent avoir terminé puisque l'un d'eux s'essuie les mains noires avec un chiffon. L'autoneige au centre semble prête.

Alors, les gars?

On va pas attendre le printemps pour l'essayer...

Représentation de Valcourt sous la neige et coupée du monde. Au loin, on peut y percevoir l'église.

À l’époque, en hiver, impossible de circuler en auto. Comme des centaines de villages, Valcourt était coupé du monde.

Joseph-Armand est aux commandes de la première autoneige, les 3 autres hommes sont autour de l'engin, souriants mais l'air sceptique.

Et c'est parti!

L'autoneige s'élance sur la neige
L'autoneige s'embourbe, semble faire un bruit qui s'enraille.
Les 3 hommes regardent au loin, l'air stupéfait.

C'est les chenilles...

C'est le poids...

C'est le Titanic...

L'autoneige est bloquée dans la neige, les 3 hommes ont rejoint Joseph-Armand dans son véhicule qui est embourbé.

On retourne au garage!

Les gars sont déjà chez Wilfrid Charbonneau... ils nous attendent au pool!

Illustration pour contextualiser le retour des hommes au garage, dans un paysage enneigé.

Faut que ça passe dans tous types de neige : De la fraiche, de la collante, de la neige en grain, de la neige mouillée.

Joseph-Armand Bombardier est songeur, seul à son bureau.

Quand y a du vent ou de la poudrerie. Quand il fait - 30 pis quand il fait zéro.

Léopold entrouvre la porte de son bureau.

Pis?

Tu viens ou pas?

Les frères, vêtus de manteaux, sortent en discutant.

OK, j'arrive!

Mais demain, je vous attends de bonne heure. J'ai ma petite idée...