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L’invention qui révolutionna le transport en hiver

Prologue

La tempête

Le jour où la neige a tout arrêté

[Un énorme carambolage bloque la circulation sur la 10. Une centaine de voitures sont immobilisées les unes derrières les autres, en plein milieu d’une tempête de neige…

En se rapprochant, on aperçoit une voiture dans laquelle se trouvent un grand-père et sa petite-fille qui discutent.]

VOIX À LA RADIO

« Bulletin spécial! La tempête hivernale qui a laissé 40 cm de neige sur le sud du Québec ne faiblit pas. On ne compte plus les sorties de route… »

Plusieurs autos sont à l'arrêt, dans le traffic. La neige tombe en gros flocons, la route est emplie de neige.

GRAND-PAPA

Y a rien là! J’en ai connu des tempêtes…

PETITE-FILLE

Please, grand-papa! Arrête avec tes tempêtes! Ça fait une heure qu’on n’avance plus.

VOIX À LA RADIO

« L’accumulation de neige a causé un énorme carambolage sur l’autoroute 10. »

 

Une femme est au volant d'une des voitures bloquées dans le traffic, son grand-père est sur le siège passager à l'avant avec elle, il sourit.

GRAND-PAPA

Dire qu’on est à quelques kilomètres du Musée de l’ingéniosité J. Armand Bombardier…

PETITE-FILLE

Ouin, pis?

[Apparition d’un vieux modèle B12 d’autoneige qui avance dans la tempête en longeant l’autoroute et les voitures immobilisées.]

Un véhicule bleu passe à côté de la voiture, avec comme des skis à l'avant, un moteur à l'arrière et les roues arrières avec des chenilles (c'est une autoneige). Le tout ressemble à un sous-marin ou un vieil autobus.

GRAND-PAPA

Oh ben… On dirait une autoneige.

PETITE-FILLE

Tu veux dire MOTOneige?

GRAND-PAPA

Non, ma chouette! AUTOneige! Dans le temps, ça traversait toutes les tempêtes, les AUTOneiges…

Joseph-Armand Bombardier, il a révolutionné l’hiver avec son invention.

Le grand-père parle en souriant, le regrd en coin, avec un visge fier. La femme a un visage un brin taquin

PETITE-FILLE

Ouin, ben aujourd’hui, il nous aide pas beaucoup à avancer ton Bombardier.

 

Chapitre 1

Le rêve

1929

Le projet de Joseph-Armand Bombardier

 

En 1926, aidé par son père et sa famille, Joseph-Armand Bombardier a ouvert son garage. Il est vite devenu le meilleur mécanicien de la région et les clients viennent de partout.

Mais une idée lui trotte en tête…

On perçoit le garage au milieu des arbres dénudés par le froid de l'hiver, avec la neige qui tombe à très gros flocons.

[Joseph-Armand Bombardier regarde par la fenêtre de son garage la neige qui tombe à l’extérieur.]

Joseph-Armand Bombardier regarde la neige tomber par la fenêtre, pensif, la main sous le coude, tel Le Penseur de Rodin

(PENSÉES DE JOSEPH-ARMAND)

Vaincre l’hiver. Passer à travers. Voler sur la neige? Glisser? Flotter?

[La porte du garage ouvre et Léopold Bombardier entre. Il s’approche de son frère, Joseph-Armand Bombardier.]

Joseph-Armand Bombardier travaille à son bureau, un crayon à la main, cahier ouvert devant lui, l'air fatigué. Un homme en chemise carreautée entre par la porte (c'est Léopold, son frère). La pendule indique qu'il est presque 19h.

LÉOPOLD

Armand, arrête de rêver! Va falloir qu’on trouve du travail pour l’hiver…

JOSEPH-ARMAND

Léopold tu te rappelles, l’engin à hélice que j’avais fait? On va fabriquer un véhicule qui pourra traverser l’hiver.

Puis celui-là, personne va m’interdire de le faire voler sur la neige…

 

On comprend que cette illustration revient sur un moment du passé. Au milieu, il y a 2 traineaux, rejoints par une barre sur laquelle est fixé un moteur de Ford T. Sur l'arrière de l'engin, il y a une hélice rouge. Deux jeunes personnes, emmitouflées dans des manteaux d'hiver, ont l'air surprises. À gauche de l'image, un homme aux cheveux gris a l'air fâché, les sourcils froncés, la main gauche montrant l'engin avec l'index. On comprend que c'est le père de Joseph-Armand et de Léopold.

En 1922, Joseph-Armand a 15 ans. Il monte un moteur Ford T avec une hélice sur des patins de traîneau et l’essaye avec son frère Léopold. Son père ordonne tout de suite de démonter l’engin « infernal ».

[Dans le garage. Joseph-Armand s’adresse à Léopold.]

Joseph-Armand Bombardier travaille, un genou à terre. À l'arrière-plan, on voit Léopold, dos voûté et clef à pipe dans la main gauche, qui semble exécuter les demandes de son frère.

JOSEPH-ARMAND

Passe-moi la clé de 8. Non, la 7.

 

[Dans le garage. Valmore Labrecque et Isaïe entrent, couverts de neige.]

 

D'un air directif, index pointé vers les deux hommes qui viennent d'entrer. Ce sont Isaïe (aux cheveux roux) et Valmore (aux cheveux gris). Joseph-Armand explique son plan, toujours accompagné de son frère.

ISAÏE

Quelle tempête!

VALMORE

J’ai bien cru qu’on se rendrait jamais…

JOSEPH-ARMAND

Venez m’aider à sortir le moteur.

 

[Dans le garage. Joseph-Armand donne des indications à Léopold et Valmore.]

JOSEPH-ARMAND

Laissez-moi faire… On garde les roues arrière, on met les patins devant…

Schéma d'un véhicule esquissé sur un papier jauni à petits carreaux, avec une carrosserie de vieille voiture. L'avant du véhicule a un moteur, une sorte de ski arrive à l'avant, comme pour s'insérer là où les roues avant pourraient se trouver. Enfin, il y a un moteur à l'avant.

ISAÏE

Mais ça avancera jamais…

VALMORE

Ça va s’enfoncer dans le premier banc de neige…

JOSEPH-ARMAND

Regardez-moi faire…

Les quatre hommes travaillent dans le garage. Ils semblent avoir terminé puisque l'un d'eux s'essuie les mains avec un chiffon. L'autoneige au centre semble prête.

JOSEPH-ARMAND

On va pas attendre le printemps pour l’essayer…

À l’époque, en hiver, impossible de circuler en auto. Comme des centaines de villages, Valcourt était coupé du monde.

[Les gars sortent la machine du garage. Joseph-Armand monte à bord et prend le volant.]

Joseph-Armand est aux commandes de la premèire autoneige, les 3 autres hommes sont autour de l'engin, souriants mais l'air sceptique.

JOSEPH-ARMAND

Et c’est parti!

[L’engin file dans un champ de neige, Joseph-Armand aux commandes.]

[L’engin s’enfonce dans la neige.]

L'autoneige s'embourbe dans la neige.

ISAÏE

C’est les chenilles…

LÉOPOLD

C’est le poids…

VALMORE

C’est le Titanic…

 

[Joseph-Armand sort de l’engin enfoncé dans la neige.]

L'autoneige est bloquée dans la neige, les 3 hommes ont rejoint Joseph-Armand dans la neige.

JOSEPH-ARMAND

On retourne au garage!

LÉOPOLD

Les gars sont déjà chez Wilfrid Charbonneau… ils nous attendent au pool!

Illustration d'une maison la nuit

[Joseph-Armand est installé à son bureau sur lequel se trouvent des livres et des dessins de plans.]

JOSEPH-ARMAND

Faut que ça passe dans tous types de neige : de la fraiche, de la collante, de la neige en grain, de la neige mouillée. Quand y a du vent ou de la poudrerie. Quand il fait – 30 pis quand il fait zéro.

Joseph-Armand Bombardier est songeur à son bureau.

[Léopold ouvre la porte du bureau.]

LÉOPOLD

Pis? Tu viens ou pas?

Les frères, vêtus de manteaux, sortent.

JOSEPH-ARMAND

Ok, j’arrive! Mais demain, je vous attends de bonne heure. J’ai ma petite idée…

 

Chapitre 2

L'espoir

1931

Des idées pour avancer

 

[Chez Wilfrid Charbonneau en soirée. Des gens sont rassemblés et jouent au billard.]

Les 3 collègues de Joseph-Armand jouent au billard. Il fait nuit dehors.

ISAÏE

Il est où Armand?

VALMORE

Toujours à essayer de faire voler ses engins sur la neige?

 

Valcourt, 1931. Malgré les commentaires, Joseph-Armand Bombardier continue de croire qu’un jour il pourra faire flotter une auto sur la neige.

[Dans le bureau. Joseph-Armand est installé à son bureau et travaille. Dehors, il fait nuit. Yvonne Bombardier est à ses côtés.]

 

Joseph-Armand travaille à son bureau, il fait noir dehors. Sa femme Yvonne se tient derrière lui, impatiente.

YVONNE

Armand, t’as vu l’heure?

JOSEPH-ARMAND

Je note vite une idée avant d’oublier.

 

[Yvonne Bombardier se rapproche avec un sourire complice.]

YVONNE

Si t’oubliais pas d’installer l’électricité à la maison, tu pourrais prendre tes notes chez nous…

 

En 1930, Joseph-Armand a construit un petit barrage qui approvisionne son garage en électricité alors qu’à Valcourt, on s’éclaire toujours à l’huile et à la bougie.

Joseph-Armand Bombardier avec qui regarde le barrage dans son garage.

[Dans le garage, le lendemain matin. Joseph-Armand et Léopold s’affairent à fabriquer une nouvelle chenille.]

JOSEPH-ARMAND

Pour que la chenille soit plus souple et plus longue, on va prendre une courroie de convoyeur.

VALMORE

Puis le poids? Tu fais quoi?

JOSEPH-ARMAND

On va demander aux gens de Valcourt de fabriquer des morceaux de carrosserie en contreplaqué.

Valmore, le collègue le plus vieux de Joseph-Armand et Isaïe installent les chenilles sur les roues de l'autoneige. Joseph-Armand Bombardier les observe, feuilles à la main et sourire en coin, Léopold aussi.

[Dans le garage. Valmore et Léopold installent les chenilles.]

ISAÏE

Ça tiendra pas.

LÉOPOLD

Ça marchera pas.

 

[Dans le garage. Joseph-Armand met des blocs de bois entre les roues.]

JOSEPH-ARMAND

Avec des blocs de bois entre les roues, ça permet d’entraîner la chenille.

 

[Dans le garage. Joseph-Armand montre un plan à Isaïe et Valmore.]

Illustration de trois hommes qui regardent un plan.

JOSEPH-ARMAND

Pour augmenter la flexibilité de la suspension, on va installer des petites roues de chaque côté…

[Joseph-Armand ouvre les portes du garage. Dehors, il neige.]

JOSEPH-ARMAND

Parfait ça! On va pouvoir l’essayer tout de suite.

Les quatre hommes poussent l'engin en-dehors du garage.

[Dehors, il y a du blizzard. Joseph-Armand démarre l’engin.]

Les trois autres hommes regardent l'engin prtir dans la neige avec joie, les bras levés, applaudissant.[Le véhicule glisse sur la neige. Les gars applaudissent. Joseph-Armand s’éloigne au volant de son prototype en souriant.]

[L’engin s’arrête brutalement et s’enfonce dans la neige. Joseph-Armand sort de l’engin.]

L'autoneige s'embourbe dans la neige par l'avant. Joseph-Armand demande de l'aide.

JOSEPH-ARMAND

Hey? Les gars! Venez m’aider. J’ai une idée…

Léopold et Valmore se parlent proche, un peu dépités.

LÉOPOLD

Encore une idée…

 

[Dans son bureau. Joseph-Armand prend des notes et consulte des livres.]

Crayon en main, Joseph-Armand est encore accoudé à son bureau, l'air songeur. Dehors encore, il fait nuit.

JOSEPH-ARMAND

La flottabilité au sol? C’est mieux. La traction? Ça tient.

Mais alors? Qu’est ce qui va pas ? Le moteur devant? Trop lourd.

Les skis s’enfoncent et ça glisse plus. Puis derrière? La neige s’accumule dans les chenilles qui vont finir par briser…

 

Chapitre 3

L'épreuve

1934

L'obsession de réussir

 

[Dans la cuisine, Joseph-Armand est à table et Yvonne aux fourneaux. Son fils Germain mange alors qu’Yvon, son autre fils, est bien installé dans sa chaise haute. La pièce est éclairée à l’électricité, installée plus tôt par Joseph-Armand.]

Joseph-Armand est à table, toujours crayon en main, le souper semble être pour bientôt. Yvonne cuisine à l'arrière-plan, les deux jeunes fils de Joseph-Armand sont à table.

JOSEPH-ARMAND

Hummm, Si ça coûte trop cher… On va le faire nous-mêmes.

YVONNE

Armand?

[Joseph-Armand feuillette son livre de mécanique.]

JOSEPH-ARMAND

Pis, si je trouve pas les pièces… On va les faire nous-mêmes.

YVONNE

Armand?

JOSEPH-ARMAND

Et si c’est pas possible à faire … On va le faire nous-mêmes.

 

[Dans la salle à manger. Yvonne se rapproche et met un bol de soupe devant Joseph-Armand.]

Yvonne, habillée d'un tablier, arrive avec un plat et le pose sur la table.

YVONNE

Le souper est prêt!

 

Valcourt, hiver 1934. Joseph-Armand Bombardier a décidé de ne plus travailler à partir d’un modèle de Ford T existant. Il a créé un tout nouveau prototype à partir de zéro.

Elipse temporelle, Léopold regarde une feuille de papier, les sourcils froncés. Joseph-Armand se trouve à côté, sourire aux lèvres.

[Dans le bureau. Joseph-Armand fait des dessins et des plans. et tend ses esquisses à Léopold.]

JOSEPH-ARMAND

Alors? Qu’est-ce que t’en penses?

LÉOPOLD

On dirait une fusée… Ou plutôt, on dirait une bombe!

JOSEPH-ARMAND

C’est normal mon Léopold… C’est du Bombardier!

Sur du papier jaunis, un schéma du prototype de Joseph-Armand Bombardier. L'avant est étroit et part en forme de triangle, alors que l'arrière est cubique.

JOSEPH-ARMAND

On recommence tout à zéro.

VALMORE

Encore?

JOSEPH-ARMAND

Cette fois, c’est la bonne! J’ai calculé mon affaire.

Joseph-Armand Bombardier montre une feuille de papier aux 3 hommes.

JOSEPH-ARMAND

Pour alléger encore plus la machine, on fabrique un châssis en bois.

On monte un plus petit moteur pour une meilleure flottabilité et une meilleure traction…

On installe le moteur à l’arrière, au dessus des chenilles. Le poids va empêcher les skis de s’enfoncer dans la neige…

Les trois hommes regardent l'invention de Joseph-Armand Bombardier. Isaïe, se penche pour regarder à l'intérieur, l'autoneige est vraiment petite.

JOSEPH-ARMAND

Et voilà le travail!

ISAÏE

C’est pas un peu petit, cet engin-là?

VALMORE

Monsieur le curé Joseph-Arcade Éthier, il rentrera jamais là-dedans …

 

[Dans le garage. Germain couvert de neige entre précipitamment.]

GERMAIN

Pa’! Pa’! Vite! Vite! Yvon… Il est… Il a…

Le plus grand des deux fils de Joseph-Armand entre dans le garage, l'air alarmé.

 

[Tout le monde se précipite vers la maison.]

 

Les quatre hommes suivent le petit, au pas de cours, dans la neige.

 

[Dans la maison. Le docteur, Yvonne et Jopseh-Armand sont au chevet du petit Yvon.]

DOCTEUR

Crise d’appendicite. Péritonite. Si on le transporte pas tout de suite à l’hôpital…

Le médecin est devant la chambre du jeune fils que l'on apperçoit en arrière-plan. Il est entouré de la famille de Joseph-Armand.

YVONNE

Mais Docteur Langlois ça va prendre des heures pour aller jusqu’à Sherbrooke avec cette tempête-là!

 

[Dehors. Joseph-Armand sort en courant suivi de Léopold. Ils vont vers le garage. Il neige.]

 

Léopold le suit dehors, enfilant son manteau. Il court pour rattraper Joseph-Armand.

LÉOPOLD

Armand? T’es pas sérieux?

JOSEPH-ARMAND

Si je tente pas ça maintenant, à quoi ça sert?

 

[Joseph-Armand sort son prototype du garage avec l’aide de Léopold.]

Joseph-Armand et Léopold qui sortent l'invention du garage. La neige tombe toujours à gros flocons.

[L’engin glisse sur la neige, mais s’arrête brutalement.]

Joseph-Armand conduit l'engin dans la neige.

 

[Le moteur fume. Joseph-Armand sort de l’engin et tente frénétiquement de le dégager de la neige. Léopold se précipite vers lui.]

LÉOPOLD

Armand?

Joseph-Armand sort de l'engin et s'écroule dans la neige, Léopold court vers lui.

[Le docteur sort de la maison et enlève son chapeau. Léopold et Joseph-Armand comprennent qu’il est trop tard.]

Le docteur met son chapeau et s'en va, l'air grave. Yvonne pleure. On comprend que le jeune enfant vient de décéder.

[Léopold regarde Joseph-Armand qui s’effondre sur sa machine immobilisée dans la neige.]

Joseph-Armand, abasourdi près de sa machine qui fume, pleure la tête dans les mains. Léopold est debout à côté, l'air abattu.

[Dans le bureau. Joseph-Armand travaille sur ses plans. Dehors, il fait nuit.]

Encore une fois, Joseph-Armand est à son bureau, crayon en main et air songeur. Il fait nuit dehors et la neige bat toujours son plein.

JOSEPH-ARMAND

Faut que ça marche! Faut que ça marche!

D’abord un habitacle plus grand, comme ça le Docteur Langlois pourra emmener ses malades en ville.

Puis un moteur assez puissant et une carrosserie assez légère. Mais avant, faut que je trouve une solution pour les chenilles…

 

Chapitre 4

La réussite

1935

L’invention du système barbotin-chenille

 

Valcourt, 1935. Après la mort de son fils, Joseph-Armand Bombardier s’est remis à faire des plans. Ça va faire dix ans qu’il travaille à son autoneige.

[Dans le garage. Joseph-Armand, Léopold, Isaïe et Valmore sont rassemblés autour d’une Chevrolet démontée.]

Les quatre hommes sont autour de pièces d'automobiles dans le garage.

LÉOPOLD

On revient avec une auto?

JOSEPH-ARMAND

J’ai repensé à mon affaire. Le moteur doit aller derrière…

Ça permet de répartir le poids. Au lieu de piquer du nez dans la neige, on va voler par-dessus!

J’ai aussi une petite surprise…

Un dessin d'un nouveau prototype d'invention dans la main de Joseph-Armand. Les roues arrières sont plus imposantes.

JOSEPH-ARMAND

Voici le système de traction barbotin-chenille!

J’ai déposé une demande de brevet…

Les trois hommes sont autour de Joseph-Armand et ses plans.

JOSEPH-ARMAND

Les sprokets entraînent les chenilles…

VALMORE

Ça règle les problèmes de traction et de suspension.

JOSEPH-ARMAND

Puis les chenilles entraînent l’auto…

Joseph-Armand et 2 hommes qui regardent des pièces automobiles.

LÉOPOLD

Un sprocket en bois, ça risque pas de briser?

JOSEPH-ARMAND

On va le fabriquer nous-mêmes en métal!

[Joseph-Armand ouvre les portes du garage.]

Joseph-Armand s'apprête à monter dans l'engin.

JOSEPH-ARMAND

C’est le temps de l’essayer.

[Joseph-Armand au volant de son prototype. Il vole littéralement sur la neige. Il traverse les bancs de neige, escalade les collines, fonce entre les arbres de la forêt. Joseph-Armand est heureux.]

L'autoneige avance sur la neige.

[Joseph-Armand s’arrête devant Léopold et Valmore, eux aussi très enthousiastes.]

JOSEPH-ARMAND

Et y a de la place en masse!

YVONNE

Quand est-ce que tu nous amènes en ville?

Les deux personnes sont en fait Yvonne et Germain, le plus grand fils de Joseph-Armand. Il leur parle par la fenêtre.

[Joseph-Armand, Yvonne et Germain glissent sur les champs enneigés. Au loin, ils aperçoivent le docteur et le curé.]

GERMAIN

Papa, papa, le docteur et monsieur le curé font des signes.

L'autoneige se dirige vers deux nouvelles personnes, le village est en arrière-plan.

[Joseph-Armand arrête son prototype devant le docteur et le curé, qui s’approche de son engin. Joseph-Armand vante son invention.]

 

JOSEPH-ARMAND

Ça se conduit comme une auto!

 

[Le docteur et le curé inspectent le prototype.]

Les deux personnes sont le curé et le docteur.

DOCTEUR

Avec ça, je pourrais transporter mes patients.

CURÉ

Pis moi, je pourrais aller voir les gens isolés.

 

[Des gens de Valcourt se massent autour du prototype.]

Une foule se regroupe autour de l'autoneige.

HABITANT DE VALCOURT

Ça va intéresser beaucoup monde votre invention, monsieur Bombardier.

 

À l’hiver 1936-1937, sept autoneiges sortent du garage Bombardier. La demande est forte. Joseph-Armand construira sa première usine dès 1940.

À côté du garage, une usine se construit.

[Dans le garage, Joseph-Armand montre les plans du B7 à Léopold.]

Joseph-Armand et Léopold font des plans ensemble devant une feuille de papier.

JOSEPH-ARMAND

Regarde ça! on va pouvoir transporter jusqu’à 7 personnes! Avec la charpente en bois recouverte de contreplaqué, ça sera encore plus léger.

Quand je te disais que la nécessité est mère de l’invention…

Dessin de l'invention

Bientôt, des centaines de B7 (7 passagers) et de B12 (12 passagers) vont partir de Valcourt pour traverser l’hiver aux quatre coins du Canada.

Joseph-Armand, regarde droit devant (face à nous) devant ses inventions de différentes tailles.

Épilogue

L'avenir

Quand la neige n'est plus un obstacle c'est un plaisir

 

[On retrouve le grand-père et sa petite fille à l’époque contemporaine dans leur voiture, toujours immobilisés dans le carambolage de l’autoroute 10 en raison de la tempête de neige.]

Retour dans l'auto avec le grand-père et la femme du début.

GRAND-PAPA

C’était quand même une sacrée invention, les autoneiges!

PETITE-FILLE

Regarde grand-papa… ça débloque!

Une déneigeuse jaune arrive à côté de l'auto de la femme et de son grand-père.

 

À partir de 1949, le gouvernement du Québec décrète le déneigement obligatoire des routes à travers toute la province. Les gens n’ont plus besoin d’autoneiges pour se déplacer en hiver.

PETITE-FILLE

C’était la fin de l’AUTOneige de Bombardier, alors?

GRAND-PAPA

C’était le début de la MOTOneige, ma chouette.

Illustration d'une jeune fille qui conduit une auto avec un monsieur à côté d'elle

GRAND-PAPA

Mais ça, c’est une autre histoire…

L'auto reprend sa route, avec un horizon dégagé... Et déneigé!