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Contexte historique

Ce projet est consacré à la persévérance et l’acharnement de Joseph-Armand Bombardier qui dans son garage de Valcourt au Québec a travaillé sans relâche pendant 10 ans (1926-1936) à la mise au point du système de traction barbotin-chenille. Cette invention a révolutionné le monde des transports. À travers cette bande dessinée interactive, on y découvre les nombreux essais et erreurs de l’inventeur qui ont mené à sa réussite. Une manière originale et captivante de raconter aux jeunes la passion qui l’a animé et de les inspirer à poursuivre leurs rêves. Découvrez ici-bas des contenus supplémentaires sur la vie et l’œuvre de Joseph-Armand Bombardier. Vous y trouverez les lieux significatifs de cette époque effervescente, les personnes de son entourage et les inventions qui ont marqué sa carrière.

Affichage:

Lieux

Photographie en noir et blanc d’une autoneige B12 circulant sur un champ enneigé de Valcourt. Le véhicule a la forme d’un autobus, cinq hublots sur le côté et des skis à l’avant. En arrière-plan, il y a des maisons, une grange et l’église du village.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierValcourt sous la neigeAnnées 1940

Pendant longtemps au Québec, les déplacements en hiver étaient difficiles. Même si une grande partie de la population vit en campagne, les rues n’y sont pas déblayées et on utilise des attelages de chevaux pour taper la neige et permettre aux gens de circuler en traîneau. Les voitures quant à elles, tiennent mal les routes enneigées. Valcourt, comme la majorité des villages québécois en hiver, est plongé dans l’isolement ce qui freine les déplacements motorisés. Dans ce village des Cantons-de-l’Est les routes ne sont pas déneigées avant la fin des années 1940. L’inventeur a l’ambition de développer des véhicules pour circuler sur la neige. Il multiplie les efforts et mettra au point un véhicule qui vaincra l’isolement et facilitera les transports en hiver.

Photographie en noir et blanc du Garage Bombardier en hiver avec quatre fenêtres sur le côté gauche, deux fenêtres et une porte sur la façade. Une enseigne Vendeur Imperial figure aux côtés d’un prototype de l’autoneige B7, véhicule de forme arrondie avec des skis et un système de traction barbotin-chenille.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierGarage Bombardier-extérieurVers 1936

En 1926, Alfred Bombardier, père de Joseph-Armand achète un terrain près du pont à Valcourt. Aidé de sa famille et de la communauté, il bâtit un garage pour son fils alors âgé de 19 ans. Ce dernier y opère un garage de réparations automobiles et de machineries. En 1929, il l’agrandit et en fait l’acquisition. L’inventeur se tourne de plus en plus vers la mise au point de véhicules pouvant circuler sur la neige, de sorte que vers 1937 il se lance exclusivement dans le développement et la fabrication d’autoneiges.

Ce bâtiment est le lieu où l’inventeur a usé d’une ingéniosité et d’une créativité hors du commun malgré le peu de moyens à sa disposition. C’est dans ces murs qu’il développa son premier modèle populaire : le B7. En 1968, la Fondation J. Armand Bombardier fait l’acquisition du bâtiment et le transporte à l’adresse actuelle afin qu’il fasse partie d’un musée dès 1971 voué à perpétuer la mémoire de l’inventeur. Depuis 2016, le garage original abrite un spectacle multimédia dans le Musée de l’ingéniosité J. Armand Bombardier qui rend hommage à cette figure marquante de l’histoire du Québec.

Photographie en noir et blanc de l’intérieur du Garage Bombardier. Deux hommes à droite posent devant une voiture de type Ford T. Ils ont un habillement typique aux années 1920, un manteau et une casquette de lainage. À gauche il y a un magasin de pièces, un pneu, des outils de garagiste, des poulies au plafond, un poêle et une partie de voiture.
Source inconnueGarage Bombardier-intérieurAvant 1937

Vue intérieure du Garage Bombardier alors qu’il sert d’atelier de réparation et de mécanique automobile. L’aptitude remarquable de Joseph-Armand Bombardier à trouver une solution à tout problème mécanique, qu’il s’agisse de moteurs d’automobiles, de bancs de scies ou de pompes agricoles, lui vaut rapidement une excellente réputation dans la région.

Photographie en noir et blanc de l’intérieur du Garage Bombardier. Aidés d’un support à moteur et d’un bloc de chaîne suspendu au plafond, trois hommes assemblent un moteur à l’arrière d’une autoneige B12. Ils portent des habits de garagiste. On voit le visage de l’un deux au travers le dernier hublot du véhicule.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierGarage Bombardier-intérieurVers 1945

Ouvriers à l’assemblage du moteur d’une autoneige Bombardier. Une fois la première usine de Joseph- Armand Bombardier construite en 1940, le Garage Bombardier a servi à l’assemblage d‘autoneiges, à l’entreposage et au lavage de certaines pièces en lien avec les véhicules industriels jusque dans les années 1960.

Photographie en noir et blanc du bureau de Joseph-Armand Bombardier dans le Garage Bombardier. À gauche il y a un secrétaire en bois et une chaise sur roulettes. Au fond, un mur en latte comprend une fenêtre, un cadre, un crucifix et un calorifère. À droite il y a une petite table avec des accessoires de bureau et une chaise avec accoudoirs.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierBureau de Joseph-Armand BombardierVers 1971

Bureau de Joseph-Armand Bombardier dans le Garage Bombardier tel qu’occupé par l’inventeur en 1926 jusqu’au début de 1941 alors qu’il transfère son bureau dans sa nouvelle usine. En visitant le Musée de l’ingéniosité J. Armand Bombardier vous pouvez y voir le bureau de l’inventeur dans le Garage original.

Photographie en noir et blanc de l’extérieur du restaurant Charbonneau de Valcourt, en hiver. Trois hommes posent aux côtés de leurs véhicules Ford Deluxe Sedan 1940, Dodge D20 Kingsway 1941 et autoneige B12. Ils portent des habits pour l’hiver. On reconnaît Wilfrid Charbonneau, propriétaire au centre.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierRestaurant CharbonneauVers 1945

Dans les années 1940-1950, Wilfrid Charbonneau a un restaurant et une salle de billard à Valcourt, on le voit ici au centre devant son restaurant. Joseph-Armand Bombardier y allait régulièrement pour jouer au Pool. M. Charbonneau est l’un des premiers à Valcourt à assurer un service de taxi et de Snow taxi, il utilisera une autoneige B12 dans les années 1940 pour conduire les clients en hiver.

Son entourage - Les personnes

Photographie en noir et blanc, portrait de Joseph-Armand Bombardier. Il porte un veston, une chemise blanche et une cravate raillée ainsi qu’un mouchoir de poche. M. Bombardier porte des lunettes et il a une moustache.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierJoseph-Armand Bombardier (1907-1964)1942

Né le 16 avril 1907 à Valcourt, au Québec, Joseph-Armand Bombardier est le fils aîné d’Alfred Bombardier et d’Anna Gravel. À 13 ans, il fabriquait déjà des jouets mobiles à partir d’éléments d’horlogerie, puis, deux ans plus tard, il conçut son premier véhicule pouvant circuler sur la neige. Destiné à la prêtrise, il suivit une partie de son cours classique, mais sa passion pour la mécanique l’emporta sur les études. En 1926, il s’établit comme garagiste à Valcourt dans le garage que son père lui avait construit. Il y mena d’inlassables recherches pour résoudre les problèmes de poids et de traction des véhicules de transport sur neige. En 1929, il épousa Yvonne Labrecque, avec qui il eut six enfants. Illustre inventeur canadien-français, Joseph-Armand Bombardier est un entrepreneur de renom et un homme engagé dans sa communauté. Il a obtenu 43 brevets d’invention et mis au point un nombre impressionnant de véhicules spécialisés, tant pour le transport sur neige que tout terrain.

Photographie couleur, portrait de Yvonne Labrecque Bombardier. Madame Labrecque a les cheveux mis long frisés et porte des lunettes ainsi qu’une robe en V de couleur verte avec une fleur blanche au centre.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierYvonne Labrecque Bombardier (1909-1978)Années 1940

Femme de cœur empreinte d’une grande humanité, Yvonne Labrecque épouse Joseph-Armand Bombardier, le célèbre inventeur en 1929. Ils donneront naissance à six enfants : Germain, Yvon, Janine, Claire, Huguette et André. À la suite du décès de son mari en 1964, madame Labrecque Bombardier est alors en charge de Les entreprises J. Armand Bombardier. De son vivant, Monsieur Bombardier soutenait divers organismes communautaires, éducatifs et culturels et s’impliquait bénévolement. Dans un souci de faire perdurer cette implication, dès 1965, elle décide de mettre sur pied l’une des premières fondations familiales québécoises francophones. Entourée de ses filles Janine, Claire et Huguette, elle poursuit le travail de son mari auprès des œuvres qu’il a appuyées tout au long de sa vie. Le Centre culturel et la Bibliothèque situés à Valcourt sont nommés en son honneur.

Photographie en noir et blanc de Valmore Labrecque aux côtés du véhicule 1929 développé par Joseph-Armand Bombardier. Le véhicule est muni de skis à l’avant et d’un système de chenilles de métal à l’arrière adapté à une voiture Ford Modèle T. M. Labrecque porte un chapeau de type aviateur et un habit de neige.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierValmore Labrecque (1901-1966)Vers 1929

Beau-frère et collaborateur de Joseph-Armand Bombardier.

Photographie en noir et blanc, portrait de Léopold Bombardier. M. Bombardier porte la moustache, des lunettes, un veston, une chemise blanche et une cravate rayée.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierLéopold Bombardier (1910-1969)1942

Frère de l’inventeur, actionnaire et directeur à L’Auto-Neige Bombardier Limitée. Léopold assistera Joseph-Armand Bombardier dans la conception du véhicule 1922, premier véhicule pouvant circuler sur la neige qu’ils mettront à l’essais lors des vacances de Noël 1921-1922. Ils réussiront à faire une sortie remarquée. Toutefois, l’hélice représente un danger que leur père redoute. Il leur ordonnera donc de démanteler le véhicule 1922.

Léopold a grandement été impliqué dans la reconstitution de certains véhicules pour l’élaboration du Musée J. Armand Bombardier qui a ouvert ses portes en 1971.

Photographie en sépia de Yvon et Germain Bombardier. Les enfants se tiennent la main et posent devant le Garage Bombardier. On voit des enseignes de filtreur et de moteur à l'huile. Ils portent des chandails et des culottes courtes.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierYvon Bombardier (1931-1934)Vers 1933

Second fils de Joseph-Armand Bombardier et d’Yvonne Labrecque, décédé en 1934 à l’âge de deux ans et demi, d’une péritonite. Le décès de son fils Yvon, faute d’avoir pu être transporté à l’hôpital, fut déterminant dans la vie de l’inventeur qui mit de côté ses tentatives de mise au point d’un petit véhicule. Il concentra alors davantage ses efforts à la production d’un véhicule pour le transport de plusieurs passagers. Il redoublera d’efforts afin de mettre au point son autoneige B7 à 7 passagers pour circuler sur la neige. On voit ici Yvon à côté de son frère Germain.

Photographie en noir et blanc, portrait de Germain Bombardier. Il porte un veston, une chemise blanche et une cravate noire.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierGermain Bombardier (1930-1993)Vers 1965

L’aîné des enfants de Joseph-Armand Bombardier et d’Yvonne Labrecque, Germain a commencé jeune à travailler avec son père à L’Auto-Neige Bombardier. Il a finalement intégré de la première équipe avec ses oncles Alphonse, Léopold, Gérard ainsi qu’avec madame Marie-Jeanne Dupaul et monsieur Roland Saint-Pierre. Il a obtenu des brevets, dont certains sont reliés à la motoneige Ski-Doo®. Pendant les années cinquante, il était responsable à Kingsbury de la division Rockland Accessories Ltd. Vers la fin des années cinquante et au début des années soixante, il s’impliqua de plus en plus avec son père dans les opérations de l’entreprise à Valcourt. À la mort de son père, en 1964, il devint président de l’entreprise jusqu’ en 1966.

Photographie en noir et blanc des premiers employés de Joseph-Armand Bombardier en hiver devant L’Auto-Neige Bombardier. Ils sont habillés pour le froid : casquettes, chapeaux et manteaux typiques aux années 1930. Joseph-Armand Bombardier la pipe à la bouche est souriant et porte chemise blanche et une cravate.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierLes premiers employés de L’Auto-Neige Bombardier1937

Joseph-Armand Bombardier et sept de ses employés en 1937. Ce sont les premiers employés de Joseph- Armand Bombardier, dans l’ordre de gauche à droite devant le Garage Bombardier devenue L’Auto- Neige Bombardier dès 1937 : Joseph-Armand Bombardier, Joseph Houle, Léonard Désilets, Philippe Bombardier, Laurent Malouin, Gérard Bombardier, Patrice Cousineau et Isaïe Boissé.

Photographie en noir et blanc de trois hommes devant l’hôtel de Valcourt en hiver aux côtés d’un véhicule muni de cinq hublots et d’un système de chenille de métal sur des roues à rayons. Ils portent des manteaux de fourrure. Au centre, le Docteur Phydime Langlois tient une mallette médicale à la main droite.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierLe Docteur Phydime Langlois (1874-1938)Vers 1927

Le Docteur Phydime Langlois est le premier médecin à pratiquer à Valcourt de 1903 à 1938. En octobre 1903, il devient propriétaire d’une grande maison dans laquelle il installe son cabinet de médecin. On le voit ici à côté de l’un des prototypes de Joseph-Armand Bombardier devant l’hôtel de Valcourt.

Photographie en noir et blanc, portrait du curé Joseph-Arcade Éthier, curé de la paroisse de Saint-Joseph-d’Ely de Valcourt. La photographie est abîmée et on y voit l’annotation qui semble être Priest size ainsi que deux traits rouges au-dessus de la tête du curé et sous son épaule.
Joseph A. Éthier, curé de Valcourt, [Vers 1925], BAnQ Vieux-Montréal, Collection Félix Barrière, (06M,P748,S1,P365), Barrière, Félix.Le curé Joseph-Arcade Éthier (1872-1948)Vers 1925

Joseph-Arcade Éthier, curé de la paroisse de Saint-Joseph-d’Ely de Valcourt de 1924 à 1940.

Les inventions

Photographie en noir et blanc du véhicule 1922 en hiver vu de profil. Le véhicule est muni d’une l’hélice à l’arrière, d’un moteur Ford Modèle T au centre et de quatre patins de traîneau fixés sur une armature de métal.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierVéhicule 19221922

Flotter sur la neige est une pensée qui anime Joseph-Armand Bombardier dès son plus jeune âge. À 15 ans, durant la période des Fêtes, il fabrique son tout premier véhicule pouvant circuler sur la neige. Habile mécanicien, il redonne vie au moteur défectueux d’une Ford Modèle T que lui avait offert son père Alfred Bombardier. Il combine un moteur Ford qu’il fixe à des patins de traîneau et une hélice qu’il installe à l’arrière du véhicule, son frère Léopold et lui ont réussi une sortie spectaculaire dans le village!  Toutefois, l’hélice représente un danger que leur père redoute. Il leur ordonnera donc de démanteler, c’est ce qu’il a fait, mais il ne s’est pas arrêté là!

Le Musée de l’ingéniosité J. Armand Bombardier possède deux exemplaires de ce véhicule :

  • Une reconstitution fidèle a été fabriquée pour la réalisation de l’exposition permanente du Musée J. Armand Bombardier qui a ouvert ses portes en 1971. Réalisée selon les spécifications de Léopold et Alphonse-Raymond Bombardier, frères de l’inventeur, pour le compte du Musée.
  • Une réplique réalisée pour la minisérie Bombardier, diffusée en 1992, sur la vie et l’oeuvre de Joseph-Armand Bombardier. Construite par messieurs Bissonnette, Marcheterre et Moisan, elle est acquise en 1991 par le Musée.
Photographie en noir et blanc du véhicule 1929 en hiver vu de profil. Le véhicule Ford Modèle T est muni de deux skis à l'avant et d’un système de chenilles de métal constitué de traverses d’acier reliées entre elles par des mailles de chaîne installée sur une paire de roues à rayons l’arrière.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierVéhicule 19291929

Dès 1927, Joseph-Armand Bombardiers multiplie les essais pour mettre au point un véhicule capable de circuler sur la neige. L’inventeur sait qu’il devra répondre à trois défis : la répartition du poids du véhicule, la conception d’un système de traction fiable et le développement d’une bonne suspension. Les systèmes chenillés utilisés à l’époque pour les déplacements en hiver sont conçus en remplaçant, en général, les roues avant des véhicules existants par des skis et en ajoutant des roues à l’arrière pour recevoir une chenille rigide. Inspiré par ces systèmes, il met au point, en 1929, un système de chenilles de métal adapté à une automobile Ford Modèle T. Joseph-Armand Bombardier met au point un système de chenilles de métal constitué de traverses d’acier reliées entre elles par des mailles de chaîne. Il ajoute une seconde paire de roues à l’arrière de cette voiture afin d’installer son système de chenilles. Il remplace les roues avant par des skis.

Photographie en noir et blanc du véhicule 1931 en hiver vu de profil et du notaire Antonio Grandpré de Valcourt devant la Banque Canadienne de commerce. Le véhicule Ford Modèle T est muni de deux skis à l’avant, d’une suspension composée de roues et de chenilles souples à l’arrière. Le notaire porte un manteau de fourrure et un chapeau melon.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierVéhicule 19311931

En 1931, Joseph-Armand Bombardier utilise une chenille souple, plus longue, fabriquée à partir d’une courroie de convoyeur et actionnée par une roue de commande qu’il installe aussi sur un Modèle T. Ce véhicule offre une meilleure traction, une plus grande flottabilité au sol et est donc plus fiable. À l’arrière, il installe des roues de commande doubles reliées par des tubulures de métal entre lesquelles il insère des blocs de bois pour entraîner la chenille, ce qui assure un meilleur déplacement. De chaque côté, il installe de plus petites roues, ce qui augmente la flexibilité de la suspension. Elles sont fabriquées à partir de tambours de frein. Il remplace une partie de la carrosserie en acier par du contreplaqué, ce qui permet d’alléger le véhicule. On voit ici le notaire Antonio Grandpré à côté du prototype du véhicule 1931.

Photographie en noir et blanc du véhicule 1934 en hiver vu de profil. Le véhicule de forme aérodynamique est muni de deux skis à l’avant et de chenilles doubles souples entraînées par des roues à l’arrière. Le véhicule est muni d’une lumière en haut au centre. En arrière-plan, il y a une maison et des bâtiments de ferme.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierVéhicule 19341934

En 1934, Joseph-Armand Bombardier met au point un monoplace pour tester le rapport entre la répartition du poids et la traction. De forme aérodynamique, avec une carrosserie plus légère, le prototype est équipé d’un moteur de motocyclette à quatre cylindres. En plaçant ce moteur à l’arrière du véhicule, le poids se retrouve alors sur les chenilles, ce qui améliore la flottabilité et la traction. Les roues de commande, situées à l’arrière, assurent un entraînement interne. Toutefois, la neige continue de s’accumuler à l’intérieur du système de traction, ce qui entraîne une perte d’efficacité.

Cette fois, Joseph-Armand Bombardier ne modifie plus d’automobile, il crée un véhicule en utilisant un petit moteur qu’il place à l’arrière, au-dessus des chenilles. Celles-ci sont actionnées via une chaîne sur un engrenage. Il installe le moteur à l’arrière du véhicule. Le poids se retrouve alors sur les chenilles, ce qui assure une meilleure flottabilité et une traction améliorée. Il utilise un système de chenilles semblable au véhicule de 1931. Dans le but d’alléger le véhicule, il fabrique un châssis composé essentiellement en bois.

Photographie en noir et blanc du véhicule 1935 en hiver vu de profil. Le véhicule Ford modèle T est muni de deux skis à l’avant et du système de traction barbotin-chenille enneigé à l’arrière composé de roues d’engrenage dentées entraînant des chenilles souples de caoutchouc.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierVéhicule 1935 et le système traction barbotin-chenille1935

En 1935, l’inventeur poursuit ses recherches sur des véhicules existants offrant une plus grande capacité. Comme en 1934, il place le moteur à l’arrière du véhicule et allège sa carrosserie. De plus, il invente un nouveau système de traction révolutionnaire : le barbotin-chenille. Une roue d’engrenage dentée, fabriquée en bois et recouverte de caoutchouc, entraîne la chenille souple, composée de deux bandes de caoutchouc reliées entre elles par des traverses d’acier. Ce système permet davantage l’évacuation de la neige grâce aux ouvertures entre les traverses d’acier et les bandes de caoutchouc. L’utilisation du caoutchouc réduit considérablement l’usure des composantes. Cette première invention brevetée influencera la carrière de l’inventeur. Le véhicule 1935 répond enfin aux attentes de Joseph-Armand Bombardier.

Le moteur, installé à l’arrière du véhicule, permet une répartition optimale du poids du véhicule sur les chenilles, donc une meilleure traction et une amélioration de la glisse sur les skis.

Le barbotin est très efficace pour transmettre la force motrice aux chenilles. Le nouveau système permet davantage l’évacuation de la neige grâce aux ouvertures entre les traverses d’acier et les bandes de caoutchouc. L’utilisation du caoutchouc réduit considérablement l’usure des pièces. Il fabrique une carrosserie plus légère composée de contreplaqué, de bois et de toile. Il installe deux grosses roues en tandem pour assurer la suspension.

« J’avais confiance en ce dispositif et je croyais qu’il y avait un potentiel pour quiconque qui voulait s’attaquer aux problèmes de transport en hiver. » J. Armand Bombardier

Dessin technique, en noir et blanc, du premier brevet de Joseph-Armand Bombardier illustrant une autoneige B7 arborant le système de traction décomposé en plusieurs composantes identifiées Fig. 1 à 9. Au bas du dessin, il est écrit : Je certifie que ce sont bien là les dessins mentionnés dans le mémoire descriptif ci-joint. Valcourt, 19 décembre 1936 et c’est signé J. Armand Bombardier.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierPremier brevet de Joseph-Armand Bombardier1937

Dessin technique du premier brevet n° 367104 de Joseph-Armand Bombardier, « Auto-chenilles pour la neige », 29 juin 1937.

Photographie en noir et blanc de Joseph-Armand Bombardier devant une autoneige B7 en hiver. Vue de profil elle est montée sur un tas de bois enneigé. De forme arrondie, elle a quatre fenêtres, deux skis à l'avant et est munie du système de traction barbotin-chenille. L’inventeur porte un chapeau melon et un long manteau d’hiver.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierL’autoneige B7 1939

Les sept premières autoneiges de production sortent à l’hiver 1936-1937. Elles portent la désignation B7, soit B pour Bombardier et 7 pour le nombre de passagers qu’elles peuvent accueillir. Ces véhicules connaissent un bon succès. L’inventeur cherche toujours à améliorer ses produits.

Photographie couleur de la page couverture de la brochure de vente bilingue de l’autoneige B7 représentée de couleur bleu vue de profil sur fond blanc. On peut y lire L’Auto-Neige Bombardier Bombardier Snowmobile. Brevet No. 367104.Patent No. 367104 L’Auto-Neige Bombardier Snowmobile fabriqué à - Manufactured at, Valcourt Que.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierBrochure de vente de l’autoneige B71940

C’est en 1937 que Joseph-Armand Bombardier commence à produire ses véhicules en série. Après avoir amélioré le prototype de 1935, l’inventeur, devenu aussi entrepreneur, met au point un véhicule pouvant transporter sept passagers, le B7, premier véhicule commercialisé conçu spécifiquement pour le transport sur la neige. Le modèle B7 est très prisé par les professionnels de l’époque et devient vite accessible à toute la population. Afin d’augmenter l’efficacité du système barbotin-chenille, de petites roues supplémentaires sont ajoutées, améliorant la suspension arrière.

Les sept premières autoneiges de production sortent à l’hiver 1936-1937. Elles portent la désignation B7, soit B pour Bombardier et 7 pour le nombre de passagers qu’elles peuvent accueillir. Ces véhicules connaissent un bon succès. L’inventeur cherche toujours à améliorer ses produits.

Photographie en noir et blanc d’une autoneige B12 en hiver vue de profil. Le véhicule à la forme d’un autobus avec cinq hublots de chaque côté, trois fenêtres, deux skis et le système de traction barbotin-chenille avec quatre roues pleines en acier.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierL’autoneige B12Vers 1945

Au cours de 1941, Joseph-Armand met au point une nouvelle autoneige, désignée B12, qui fera l’objet d’un brevet d’invention le 23 juin 1942. D’une capacité de 12 passagers, cette autoneige présente un profil allongé qui lui donne une allure plus aérodynamique que celle de l’autoneige B7.

Dès sa sortie, l’autoneige B12 connaît un grand succès et les commandes se multiplient. Au total 2817 exemplaires seront produits entre 1941 et 1951 par la compagnie de Valcourt.

 

Photographie couleur de la page intérieure de la brochure de vente version anglaise de l’autoneige B12 vue de profil. On peut y lire : Bombardier Snowmobiles Powered by Chrysler Industrial Engines en plus d’une description des différents types d’utilisations telles ambulance, motor bus, forestry operations, prospectors, winter sports, telephone and power transmission, doctor, mail, fisheries, school buses, rescue work, transportation.
©Collections du Musée de l’ingéniosité J. Armand BombardierBrochure de vente de l’autoneige B12Vers 1945

L’autoneige B12, véritable réussite commerciale, est produite de 1941 à 1951. Ce véhicule emblématique est alors utilisé comme autobus et ambulance, mais aussi pour le transport de passagers en général, du courrier, des vivres et des marchandises. Son châssis de type toboggan lui assure une grande flottabilité. De plus, le système barbotin-chenille est à nouveau peaufiné avec cette autoneige : une suspension arrière où chaque roue est indépendante est mise au point, ainsi la chenille obtient un meilleur contact avec le sol.

L’autoneige B12 CS, produite entre 1944 et 1951, est équipée d’un nouveau moteur Chrysler plus performant. Véhicule aux capacités remarquables, muni d’un système électrique de six volts et d’un système de chauffage à air forcé, le B12 remporte un grand succès. Sa polyvalence entraîne une diversification de son utilisation. Plusieurs seront d’accord pour affirmer que ce véhicule représente l’âge d’or des autoneiges Bombardier.